Contrats aidés. Diwan risque gros

Dans leurs bureaux de Landerneau, Catherine Guérin, chargée de mission, et Anna Vari Chapalain, directrice de Diwan, font chaque jour le point sur des arbitrages qu’elles entendent contester.

L’an passé, les écoles Diwan employaient 137 personnels en contrats aidés. Le gel du dispositif ? Le réseau ne peut l’imaginer, pas plus que s’y résoudre. Un rassemblement est prévu à Quimper, samedi à 10 h 30.

Dans cette histoire du gel des contrats aidés, certains risquent de payer un plus lourd tribut que d’autres. On pense au monde associatif, au secteur de la santé ou encore à l’éducation. Et dans ce dernier domaine, les écoles Diwan semblent occuper une place particulièrement fragile. L’an passé 4.272 élèves étaient scolarisés au sein des 42 écoles, dix collèges et du lycée appartenant au réseau. Comme au sein des autres établissements, du personnel est embauché pour s’occuper de la garderie, de la cantine, du ménage ou assurer un rôle d’Atsem (Agent territorial spécialisé des écoles maternelles). « L’an passé, le réseau employait 200 personnels non enseignants dont 137 en contrats aidés », précise Anna Vari Chapalain, directrice de Diwan Breizh. Il s’agit ici, rappelons-le, de contrats d’un an, renouvelables une fois et aidé par l’État, à hauteur de 60-70 % dans la majorité des cas.

52 contrats maintenus

 

Et voilà que, patatras, en plein été, le gouvernement annonce le gel du dispositif. Un gel effectif dès le 9 août. À partir de cette date, il n’était plus possible de renouveler un contrat arrivant à échéance et encore moins d’en signer un nouveau. Ne restent alors que les contrats en cours. « Sur les 137 contrats que nous avions, à l’heure où je vous parle, (hier, NDLR) 44 sont refusés, 18 sont en attente et 29 en danger, puisqu’ils arrivent bientôt à échéance », poursuit la directrice. Au bilan, ce ne sont donc que 52 postes en contrats aidés qui sont pour l’heure assurés d’être maintenus au sein du réseau. « Évidemment, certains de nos établissements sont en danger, comme ces écoles à deux classes dans lesquelles les deux contrats aidés ont été refusés ».

Difficulté supplémentaire

 

Rappelons également que ces personnels sont embauchés par les AEP (Association d’éducation populaire) de chaque école, elles-mêmes gérées par des parents bénévoles. Ce qui ajoute à la difficulté. Ces parents bénévoles se retrouvent aujourd’hui, avec des salariés dont le contrat aidé est arrivé à échéance. S’ils veulent conserver cet employé, ils devront désormais prendre en charge les 60-70 % du salaire, autrefois assuré par l’État. Soit, plusieurs milliers d’euros à chaque fois, que les AEP sont loin de toutes avoir. Bref, il va falloir en vendre des crêpes.

Des arbitrages à revoir

 

« Contrairement à la filière bilingue du public, on ne perçoit pas le forfait scolaire de la part des communes de résidence des enfants. Il faudrait faire en sorte que ces communes soient tenues de participer au fonctionnement de nos écoles, explique Anna Vari Chapalain, qui rajoute, si c’était le cas, on pourrait plus facilement pérenniser nos emplois. Mais, pour l’heure, nous mettons toute notre énergie dans le maintien de ces contrats aidés. On demande le réexamen de ces arbitrages et la révision de ces décisions ». Dans l’attente et afin d’appuyer ces demandes, Diwan Breizh organise un rassemblement samedi à Quimper, à 10 h 30, Place de la Résistance.

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