Ecole Diwan. L’Europe finance les fraises et les légumes bio.

Stéphane Corre, le responsable d’exploitation du lycée de l’Aulne, fait visiter aux enfants de l’école Diwan la serre où poussent les fraises qu’ils reçoivent dans le cadre du programme européen « Fruits et légumes à l’école ». (Le Télégramme/Loïc L’Haridon)

Engagée dans le programme européen « Fruits et légumes à l’école », Skol Diwan Kastellin reçoit régulièrement des fraises produites au lycée de l’Aulne. Mais aussi des légumes de la ferme bio Des mauvaises graines, à Dinéault. Jeudi, les enfants sont allés voir d’où viennent leurs fraises.

« J’en ai trouvé une grosse ! », s’exclame une petite fille. Aussitôt, la vingtaine d’enfants de l’école Diwan se précipite vers elle. Dans les serres du lycée de l’Aulne, la chasse aux fraises vaut celle aux œufs. Ce jeudi est jour de visite. Les petits bretonnants viennent voir d’où proviennent les fraises qu’ils reçoivent régulièrement dans le cadre du programme européen « Fruits et légumes à l’école ».

« L’objectif de ce programme, piloté par le ministère de l’Agriculture, consiste à éveiller le goût des enfants, à leur donner de bonnes habitudes alimentaires et à intégrer la notion de « bien manger » par le plaisir, la curiosité, la découverte et le jeu », détaille Valentine Parent, la directrice de l’école bilingue.

100 € par trimestre

Skol Diwan Kastellin est entré dans le programme pour ce dernier trimestre de l’année et compte poursuivre l’aventure à la rentrée. Outre les fraises, l’école est livrée en légume bio par un maraîcher de Dinéault, le Gaec Des mauvaises graines, tenu par Florian et Erwan. Installés depuis 2016, ils exploitent 4 ha au lieu-dit Ty-ar-Gall. C’est là que poussent plus de 100 variétés de légumes, uniquement commercialisés en vente directe. Les enfants iront bientôt visiter cette ferme bio.

« Entre les fruits et les légumes, nous avons six distributions dans le trimestre, pour un montant total de 100 €. L’école paye les producteurs puis se fait rembourser par les fonds européens », explique la directrice. Ce montant pourrait être supérieur mais l’école ne roule pas sur l’or.

Séances de cuisine

Le programme a aussi son versant pédagogique. Ainsi, l’école a mis en place des séances de cuisine avec les enfants, autour des légumes frais de Dinéault. Grands et petits râpent, épluchent, découpent et préparent un plat, comme cet « apéro légumes », accompagné de sa délicieuse sauce à la ciboulette. De quoi se mettre en appétit avant le repas servi par la cuisine centrale.

« Cela permet aux enfants de goûter des légumes un peu oubliés ou inconnus d’eux. Beaucoup ont découvert le chou-rave, qu’ils ont adoré », se réjouit Valentine Parent. Et c’est encore meilleur lorsque les dégustations se font à l’aveugle.

Gentilles petites bêtes

Stéphane Corre, le responsable d’exploitation du lycée, explique aux enfants que l’on ne met aucun produit de traitement sur les fraises mais qu’elles ne sont pas considérées comme bio car elles ne poussent pas en pleine terre mais « hors sol », dans des rails remplis néanmoins de terreau bio, enrichi d’engrais organique. « Nous utilisons des punaises et des larves de guêpes qui peuvent manger plus de 80 pucerons par jour à elle seule », raconte-t-il. Et 30 gros bourdons noirs sont chargés de la pollinisation.

900 kg de fraises

Ces fraises, un tiers de gariguettes acidulées et deux tiers de cirafines sucrées, représentent près de 900 kg à l’année, dont 600 en frais. Le reste est transformé en confiture par le lycée du Gros-Chêne, à Pontivy (56). Une production vendue aussi aux particuliers, aux restaurateurs, aux commerces, etc.

À la fin de la visite, Stéphane Corre a pesé la grosse fraise. Plus volumineuse qu’une balle de ping-pong, elle pèse 52 g. C’est rare. Et surtout, elle sent bon et promet d’être délicieuse. Reste à savoir qui va la manger

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